Tuberculose, contagion, diagnostic et traitements

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La tuberculose est une maladie infectieuse due à une bactérie, le mycobacterium, qui se transmet d’une personne à l'autre

Elle touche principalement les poumons mais peut infecter d’autres organes tels les os, les reins ou encore les méninges

extension tuberculose_dans_monde-1La tuberculose dans le monde

La tuberculose est encore bien présente dans le monde, en particulier dans les pays en voie de développement. Elle est devenue rare dans les contrées occidentales mais a tendance à augmenter depuis  l’apparition du SIDA en 1981 et encore plus, du moins en Europe,  depuis les années 2010 avec les vagues migratoires.

Transmission de la maladie

Lorsqu’une personne est affectée d'une infection active au niveau des poumons elle émet ( en parlant, respirant, se mouchant ou toussant) des fines gouttelettes de salives qui contiennent des bactéries de la tuberculose. Toutefois la maladie n’est pas très virulente. Il faut en général un contact prolongé avec une personne malade pour être contaminé. Par conséquent on contracte la maladie principalement lorsque l’on vit une personne malade.

Facteurs favorisant la contagion

La contagion est beaucoup plus fréquente lorsqu’une personne possède un système immunitaire affaibli. Cela est le cas chez les sujets infectés par le virus du SIDA, les cancéreux, les personnes prenant des corticoïdes, sous chimiothérapie ou sous médicaments anti-rejet.  L’âge, l’alcoolisme et la sous-alimentation affaiblissent également le système immunitaire.

Evolution de la maladie : les trois cas de figure

  1. Une fois les bactéries inhalées, elles vont descendre dans les poumons. Si l’immunité est efficace elles seront détruites. Dans le cas contraire le poumon va être localement infecté. C’est la primo-infection. Le système immunitaire parvient pas à les détruire les bactéries de suite mais il peut les isoler. C’est la tuberculose latente.

  2. Dans  l’infection latente les bactéries sont contenues encapsulées dans une zone bien définie du poumon. Dans cette situation la personne infectée n’est généralement pas contagieuse. Cette situation peut durer des années mais si le système immunitaire flanche, les bactéries ne seront plus contenues et l’infection s’étendra à l’ensemble du poumon.

  3. L’infection peut également s’étendre d’emblée à l’ensemble du poumon lorsque l’immunité est déficiente au moment de la contagion, pour les raisons exposées ci-dessus. Dans ce cas les bactéries vont détruire des parties de poumon, formant des cavités (les cavernes) en relation avec les bronches. C’est dans cette situation que le malade va émettre des bactéries et être contagieux.
poumon poumon-germes expirés   poumon-abcès
 Figure 1  Figure 2  Figure 3

Symptômes de la tuberculose

En cas d’infection latente, il n’y a aucun symptôme puisque la maladie est contenue. Lorsque la maladie est intallée on note tout ou partie des symptômes suivants :

  • Toux sèche
  • Perte de poids et d’appétit
  • Fatigue
  • Petite fièvre
  • Sudations nocturnes
  • Expectorations sanglantes (hémoptysie)
  • Douleurs thoraciques

Diagnostic

L’anamnèse et l’examen clinique peuvent orienter le médecin vers le diagnostic bien que les signes et les symptômes de la tuberculose peuvent se retrouver partiellement dans d’autres maladies.

Test à la tuberculine

On injecte dans la peau une petite dose de bactéries inactivées. Si la personne a été infectée une fois par les bactéries de la tuberculose, on verra après 48 à 72 heures apparaître une réaction locale (rougeur et induration). Cela ne nous dit toutefois pas quand l’infection a eu lieu, si elle est récente ou ancienne !

De plus cette réaction peut également survenir chez des personnes ayant été vaccinées récemment contre la tuberculose. Il s’agit dans ce cas d’un faux positif. Il existe aussi des réactions faussement négatives lorsque l’immunité est particulièrement abaissée, au point de ne pas provoquer de réaction.

Examen des expectorations 

On recueille les crachats des patients et on les examine au microscope. Si des bactéries sont détectées on les met en culture afin qu’elles se reproduisent et deviennent assez nombreuses pour tester leur sensibilité à divers antibiotiques. Malheureusement ce la prend plusieurs semaines. Depuis peu  il est possible dans les cas douteux de pratiquer un test de PCR. Il s’agit d’une analyse génétique sur les bactéries qui permet en peu de temps d’identifier à quel type elles appartiennent et même leur résistance à l’antibiotique le plus utilisé, la rifampicine.

Radiographie des poumons

En cas de lésions avérées, le radiologue va poser avec grande probabilité le diagnostic de tuberculose. Toutefois cela ne remplace pas une confirmation par culture ou PCR qui seules permettent  une identification précise de la bactérie en cause.

Traitements de la tuberculose

Le traitement de la tuberculose est plus compliqué que celui de toute autre maladie infectieuse. Cela est dû au fait que les bacilles de la tuberculose se divisent très lentement (toutes le 22 heures au lieu de toutes les 20 minutes comme les autres microbes). Or les antibiotiques attaquent les microbes au moment de leur division. Plus les germes se multiplient rapidement, plus ils sont sensibles aux antibiotiques.

De même en cas de résistance du bacille à un antibiotique, on ne s’en apercevra qu’après un laps de temps plus long que dans le cas de germe banal.

Depuis 30 ans, le schéma de traitement de la tuberculose est inchangé. Il s’agit d’une association d’antibiotiques :

Quatre antibiotiques pendant 2 mois : Isoniazide, Rifampicine, Ethambuthol et Pyrazimide

Deux antibiotiques durant les 4 mois suivants : Isoniazide et Rifampicine

Evolution de l'infection 

Après 2 à 3 semaines de traitement le malade n’est plus contagieux. Toutefois il est impératif de terminer le traitement si l’on veut éviter les récidives. Sa longue durée est un des points qui fait échouer la guérison, les malades n’ont pas la patience de prendre les médicaments durant 6 mois, d’autant plus qu’ils se sentent bien. Cela est particulièrement vrai dans les pays en voie de développement où le suivi médical n’est pas aussi strict.

Effets secondaires

  • Nausées, vomissements, perte d’appétit
  • Coloration des urines en rouge avec la Rifampicine
  • Apparition d’un ictère (jaunisse) dû à la toxicité sur le foie
  • Diminution de l’efficacité des contraceptifs oraux ce qui nécessite de changer de méthode de contraception

Résistance aux traitements

On assiste à une augmentation de la résistance au traitement standard. Cela provient entre autre du fait que les traitements ne sont pas pris correctement ce qui induit une résistance  aux antibiotiques. Ces cas sont plus fréquents chez les migrants pour les raisons indiquées ci-dessus (mauvaises conditions sociales, suivi médical insuffisant).