S'endormir sans raisons, n'importe quand, un problème

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S'endormir sans raison...

De nombreuses personnes ont tendance à s'endormir involontairement en lisant le journal, dans une salle d'attente ou encore au volant de leur voiture. Ce comportement est souvent dû à un trouble du sommeil et non pas à un style de vie inadapté.

Dans la vie de tous les jours ces troubles engendrent un handicap professionnel et social ainsi que des risques d'accidents.

Plusieurs études ont évalué que dans la population générale, on trouve environ 5 à 7% de personnes souffrant d'une somnolence sévères et 15% d'une somnolence modérée.

Définition de la somnolence

La somnolence est définie comme une tendance à s'endormir de manière involontaire pendant la journée. La somnolence doit être distinguée de la fatigue physique secondaire à une maladie. On ne doit pas non plus la confondre avec la fatigue ou le besoin de rester couché (clinophilie) des dépressifs, qui eux ne peuvent pas dormir.

On distingue les somnolences primaires, c'est-à-dire celles qui constituent une maladie par elles-mêmes et les somnolences secondaires à d'autres maladies comme les troubles psychiques ou infectieux, qui ne seront pas traitées ici.

Evaluation de la somnolence 

Evaluation subjective

Pour définir le sommeil normal la médecine s'est basée sur des données statistiques, à savoir comment et combien de temps dorment la majorité des personnes. Puis on a défini comme anormal toute variante de cette norme. Pour les quantifier on a établi des échelles de mesure de la somnolence. L'une des plus utilisée est l'échelle de somnolence d'Epworth. Elle repose sur la probabilité avec laquelle un sujet s'endort dans des situations données. C'est la personne elle-même qui évalue sa probabilité de s'endormir en la notant de 0 à 3. Le score total peut aller de 0 à 24. En dessus de 10, on estime qu'il existe une somnolence excessive

TABLEAU : ECHELLE SOMNOLENCE EPWORTH

Evaluation objective

Test de latence d'endormissement :

C'est le plus utilisé. Il mesure la vitesse d'endormissement d'une personne dans un laboratoire, à des horaires fixes. La personne est placée dans l'obscurité, allongée sur un lit, au calme et on lui demande de fermer les yeux et d'essayer de dormir. Chaque test s'arrêt après 20 minutes si la personne ne s'est pas endormie.

Le premier test est réalisé 1h30 à 2 heures après le réveil, puis toutes les 2 heures. Cinq tests sont effectués.

Test de maintien d'éveil :

On détermine par ce test la capacité d'une personne à rester réveillée. On la place dans les mêmes conditions que pour le précédent test, sauf qu'elle est assise dans un milieu faiblement éclairé, et on lui demande de ne pas s'endormir. Chaque test dure 40 minutes.

Types de somnolence 

Le syndrome d'apnée du sommeil (SAS) 

Le manque quantitatif de sommeil :

C'est une des causes de somnolence dans les sociétés industrialisées. La somnolence est due à un manque chronique de sommeil. La durée du sommeil, pour des raisons professionnelles et environnementales a significativement diminué au cours des dernières années.

Le syndrome de hautes résistances de voies aériennes supérieures

La symptomatologie est celle du syndrome d'apnée du sommeil (SAS) mais les enregistrements du sommeil sont normaux. Il s'agit de personnes ayant un rétrécissement des voies aériennes supérieures qui demandent, pendant le sommeil, des efforts pour inspirer. Cela produit des micro-réveils et une diminution de la qualité du sommeil, responsables de la somnolence.

Somnolences dues à des causes neurologiques

Narcolepsies-cataplexie

Il s'agit d'une maladie rare (0.02% des adultes) L'âge du début est variable. On note un premier pic à 15 ans et un second à 35 ans. Elle se caractérise par des accès de somnolence irrésistibles pendant la journée et des accès de cataplexie (perte subite et complète du tonus musculaire lors des émotions agréables ou désagréables, faisant chuter la personne). D'autres signes sont parfois présents : hallucinations à l'endormissement ou au réveil, paralysie du sommeil (la personne se réveille et se trouve paralysée pendant quelques instants). Le diagnostic se fait par des enregistrements du sommeil avec observation par caméra. Il s'agit probablement d'une maladie auto-immune.

Hypersomnie idiopathique

Maladie rare et d'origine inconnue d'où son qualificatif d'idiopathique. Elle est caractérisée par des épisodes de sommeil prolongés (plus de 10 heures) et malgré cela une somnolence pendant la journée les obligeant à des siestes prolongées et non réparatrices. La polysomnographie permet de poser le diagnostic.

Syndrome de Kleine-Levin

C'est une maladie rare caractérisée par des épisodes de sommeil continu pendant environ une semaine, se produisant à intervalle variable d'un à plusieurs mois. La durée du sommeil peut facilement être de 21 heures par jour. S'y associent souvent d'autres symptômes tels une faim excessive, une hypersexualité ou des troubles du comportement.

Syndrome des mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil

Ce syndrome se manifeste par des mouvements répétés et stéréotypés des jambes au cours du sommeil. Ils induisent un sommeil de mauvaise qualité se traduisant par une fatigue et une somnolence la journée. Il est souvent associé au syndrome des jambes sans repos.

Troubles de l'horloge interne

Il est bien connu que certaines personnes sont du soir et d'autres du matin. Cela est normal. En revanche les personnes qui s'endorment en fin de nuit et restent somnolentes jusqu'en milieu de journée souffre d'un trouble de l'horloge interne qui consiste en un décalage dans le sens d'un retard du rythme normal du sommeil. L'inverse existe également. Certaines personnes deviennent somnolentes en milieu d'après-midi, s'endorment tôt le soir et se réveillent en milieu de nuit. Il s'agit ici d'un décalage dans le sens d'une avance sur le rythme normal du sommeil.

La première de ces situations est fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes. On la retrouve dans toutes les cultures. Elle est souvent exacerbée par les sorties tardives, l'utilisation des jeux vidéo ou l'ordinateur le soir ou la consommation de boissons énergisantes en soirée.

Ces troubles du rythme du sommeil répondent de manière très favorable à la prise de mélatonine (qui favorise le sommeil) ou la luminothérapie (exposition de la personne à une forte source lumineuse) dans l'après-midi pour retarder la venue du sommeil.

Sources: SOMNOLENCE ET FATIGUE* : Drs j Haba-Rubio et R Heinzer, Forum médical suisse, 13.04.11