Fibrome de l'utérus

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Les fibromes de l’utérus, appelés aussi fibromyomes, sont des tumeurs bénignes qui se développent à partir de la musculature de l’utérus

    L’utérus est formé de 3 couches, une couche interne formée de muqueuse (l’endomètre), une couche musculaire au centre (le myomètre) et une couche externe (la séreuse).

    Ces tumeurs apparaissent durant la période où la femme est en âge de procréer. Ils ne se transforment jamais en cancer. Les fibromes sont très fréquents puisque l’on estime que 3 femmes sur 4 en sont porteuses. Toutefois la plupart de ces tumeurs ne causent aucune gêne de sorte qu’ils sont ignorés. Les fibromes peuvent croître jusqu’à devenir de très grosses tumeurs, rester stable à une certaine taille ou même régresser.

    Uterus normal uterus
     Utérus normal  Fibromes de l'utérus

    La raison exacte pour laquelle les fibromes se développent n’est pas connue. On suspecte toutefois les hormones (oestrogène et progestérone) qui participent à des modifications de l’utérus durant le cycle menstruel et pendant la grossesse.

    On constate également que les femmes dont la mère avait un fibrome sont plus sujettes que d’autres à en développer un.
    Les femmes de couleur de peau noire ont plus souvent des fibromes que les autres femmes 
    En revanche les femmes qui ont plusieurs enfants semblent moins à risque d’avoir un fibrome utérin.

      Symptômes :

      Lorsqu’ils induisent des symptômes, il s’agit surtout de :

      • Métrorragies c’est-à-dire des règles trop abondantes
      • Des règles prolongées, soit au-delà de 7 jours
      • Une gêne souvent sous forme d’un poids dans le bas-ventre
      • Des besoins d’uriner plus fréquents

      Certains types de fibromes, qui croissent soit vers l’intérieur, soit vers l’extérieur de l’utérus, sur un pédicule, peuvent engendrer des douleurs importantes. Parfois les douleurs sont également dues à une dégénérescence de la tumeur. Ces situations sont toutefois rares.

        Complications :

        Anémie : lorsque les tumeurs provoquent des règles plus fortes, il est clair qu’à la longue va apparaître une anémie.

        Fibrome et grossesse :

        Une grossesse peut tout à fait être conduite à terme sans complications dans la majorité des cas. Parfois, lorsque le fibrome se trouve sous la muqueuse (l’endomètre) et qu’il a une certaine taille, il peut empêcher l’implantation de l’ovule fécondée ou même provoquer des avortements spontanés. Si une femme perd plusieurs fœtus sans autres causes et que l’on découvre un fibrome, le médecin peut conseiller une opération pour ôter le fibrome.

        Diagnostic :

        Le diagnostic se fait habituellement par les ultrasons (US), soit à travers la paroi abdominale soit par voie vaginale (on place la sonde  de l’appareil dans le vagin.

        On utilise parfois d’autres techniques comme :

        Hystéro-sonographie : cette méthode consiste à pratiquer des US mais en remplissant la cavité de l’utérus avec du liquide ce qui augmente la finesse du diagnostic.

        Hystéro-salpingographie : technique consistant à injecter un liquide opaque aux rayons X. Ce liquide va diffuser non seulement dans l’utérus mais également dans les trompes (tuyaux qui permet aux ovules de passer des ovaires à l’intérieur de l’utérus). Les radiographies mettront ainsi en évidence l’intérieur de l’utérus et des trompes. On pourra visualiser les fibromes sous-muqueux mais aussi une éventuelle obstruction d’une ou des trompes, responsable de l’infertilité de la femme.

        Hystéroscopie : il s’agit ici d’introduire par voie vaginale une petite sonde munie d’un système d’optique qui permettra de voir l’intérieur de la cavité de l’utérus.

        Traitement :

        Le traitement va dépendre de différents facteurs.

        Fibromes asymptomatiques : dans ce cas on se contente souvent d’une surveillance gynécologique régulière.

        Fibromes causant des troubles du cycle : dans ces cas on va prescrire des hormones qui vont régulariser les règles et agir sur les fibromes en les faisant régresser de taille. Différents hormones peuvent être administrées. Le choix dépendra de plusieurs paramètres que les gynécologues analysent.

        Fibromes restant fortement symptomatiques malgré un traitement médicamenteux. Dans cette situation on propose d’enlever le fibrome ou les fibromes. Il existe plusieurs procédés opératoires :

        • Hystérectomie : il s’agit d’enlever tout l’utérus. Dans ce cas bien évidemment il n’y aura plus de possibilité d’avoir des enfants.
        • Myomectomie : ici on se contente d’enlever que le ou les fibromes en laissant en place l’utérus.

        Si le fibrome se trouve plutôt à la surface externe de l’utérus on va l’aborder à travers l’abdomen, actuellement souvent sans ouvrir la paroi abdominale mais en utilisant des sondes munies de caméra et d’instruments chirurgicaux. Il est même possible de faire appel à des systèmes assistés par ordinateurs. C’est ce que l’on appelle la chirurgie robotique.

        Si le fibrome se trouve sous la couche interne de l’utérus, on peut également le retirer avec des instruments qui sont introduits dans l’utérus comme pour l’hystéroscopie.

        • Thermo-ablation : on place une sonde, sous contrôle d’un scanner, directement dans le fibrome. Cette sonde va délivrer des ultra-sons de haute énergie (différents de ceux utiliser pour le diagnostic) qui vont détruire le fibrome. Cette technique est récente et elle doit encore être évaluée à long terme (récidive ?). On peut également utiliser des sondes lasers qui ont au final les mêmes effets.
        • Embolisation : on injecte dans les artères qui apportent le sang au fibrome de petites particules synthétiques qui provoquent l’obstruction des artères. Ainsi privé de sang, le fibrome va se « dessécher » et disparaître. Cette technique, comme la précédente, doit également être encore validée.