Fatigue chronique, faiblesse, épuisement

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sleeping time 650684 12801La fatigue chronique est un symptôme très courant

C’est en fait une sensation subjective d’affaiblissement physique et psychique qui impose un arrêt d’activité pour récupération. Souvent les personnes fatiguées utilisent des synonymes comme : sensation de faiblesse, épuisement, usure ou sommeil.

La fatigue est le plus souvent une réaction normale à un effort. Plus rarement elle est l’expression d’une maladie. Dans la plupart des cas, la fatigue persistante (asthénie pour le médecin), est due à des maladies physiques ou psychiques, telle la dépression. Mais il existe des cas où la personne est en bonne santé et malgré tout fatiguée.

 Chez les personnes âgées, cette fatigue provient d’une diminution de la masse musculaire. Les spécialistes l’appellent la sarcopénie. Le pic de la masse musculaire est atteint aux alentours de la trentaine. Il décroît ensuite de 3 à 8% par décennie et s’accélère à partir de 60 ans. On estime que 30% de la population de plus de 65 en souffre et qu’il atteint même les 50% au-dessus de 80 ans. La sarcopénie est plus marquée chez la femme. Chez les obèses elle est moins apparente car le tissu graisseux cache la masse musculaire réelle.

La fatigue est souvent associée à la fibromyalgie, au syndrome douloureux somatoforme ou encore la dépression.

La fatigue durable et intense a été dénommée de plusieurs manières : pour Galien c’était la plainte centrale de la mélancolie. A la fin du XIXe siècle c’était la neurasthénie, actuellement la médecine la nomme asthénie.

Il existe des personnes qui souffrent d’une fatigue intense et continuelle

On dit qu’elles présentent un syndrome de fatigue chronique. Le corps médical n’est pas unanime quant au fait que ce type de fatigue serait une maladie. Les Anglais et les Américains l’admettent depuis les années 80. Les Européens ne la considèrent pas comme une maladie par elle-même. Ainsi les assurances sociales ne la reconnaissent pas sur notre continent.

L’OMS (organisation mondiale de la santé) la définit comme une maladie neurologique grave.

Le CDC (centre de contrôle des maladies aux USA – centre mondial de référence) l’attribue à une maladie infectieuse nouvelle mais dont on ne connaît pas encore le germe en cause. Le CDC a mis en cause mais sans le prouver le virus de la mononucléose, de la rubéole, de l’herpès et des rétrovirus.

D’autres ont avancé, sans parvenir à la prouver, l’hypothèse d’une maladie immunitaire jusqu'à récemment. Depuis la parution d'une étude de la professeur Mary Hornig le 27 février 2015, un dysfonctionnement immunitaire semble pouvé. 

Le CDC reconnaît cette maladie lorsqu’il existe une fatigue

  • Persistante ou récurrente
  • Evoluant au moins depuis 6 mois
  • Dont on peut bien en préciser le début
  • Non liée à des efforts
  • Non soulagée par le repos
  • A l’origine d’une réduction des activités antérieures

Il faut qu’elle soit associée à au moins 4 des symptômes suivants :

  • Trouble de la mémoire ou de la concentration
  • Pharyngite (angine)
  • Ganglions cervicaux ou sous les aisselles
  • Douleurs musculaires
  • Douleurs articulaires sans signes d’inflammation (sans rougeurs, tuméfaction et chaleur)
  • Mal de tête
  • Sommeil non réparateur ou perturbé
  • Malaise après effort physique, qui dure plus de 24 heures

On peut l’exclure lorsque l’on se trouve en présence :

  • Maladie physique comme l’anémie, l’hypothyroïdie, un cancer, une maladie cardiaque ou respiratoire, le SIDA, etc..
  • Une maladie psychiatrique reconnue (site: www.sciencehumaine.info)
  • Démence
  • Toxicomanie
  • Obésité sévère

Le diagnostic est difficile. On ne peut le poser que lorsque toutes les causes connues de fatigue ont été exclues. Dans la pratique on peut expliquer la fatigue par des causes physiques ou psychiques dans 80% des cas. Il ne s’agit pas dans ces cas d’un syndrome de fatigue chronique mais d’une maladie précise, comportant la fatigue parmi ses symptômes.

Il n’y a malheureusement pas de traitement vraiment efficace. Les personnes qui en souffre perdent souvent leur travail et comme dit plus haut, les assurances sociales, ne la reconnaissent pas comme invalidante sauf dans quelques rares exceptions où une expertise médicale peut prouver la présence d’une maladie psychique associée. Dans la plupart des cas l’évolution est tout de même favorable sur une durée de 4 à 6 ans.