Cancer anal à papilloma virus et infection HIV

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Le cancer de l’anus n’est pas un cancer très fréquent,  avec une prévalance chez les homosexuels 

 
Ces cancers ont toutefois augmenté de manière très importante ces dernières décennies. Alors qu’on recensait 1 cas pour 100'000 habitants dans les années 70, on en compte actuellement le double. Cela ne semble pas beaucoup en valeur absolue mais ce chiffre prend d’autres proportions lorsqu’on le rapporte aux groupes de personnes touchées.
 
Dans la population d’hommes homosexuels cette proportion a passé d’environ 4 cas sur 100'000 dans les années 70 à plus de 20 cas pour 100'000 depuis l’apparition du SIDA.
 
Si l’on ne comptabilise que les hommes homosexuels séropositifs, le nombre de cas annuels de cancer de l’anus se situe autour de 200/100'000.
  
Causes :
Le cancer anal, tout comme le cancer de l’utérus chez les femmes, apparaît surtout chez les personnes infectées par le papilloma virus. Toutefois il existe de nombreuses souches de ce virus et seules quelques unes d’entre elles favorisent le cancer. Chez les femmes le dépistage du cancer de l’utérus existe depuis longtemps. L’efficacité du dépistage sur le développement du cancer a été spectaculaire.
 
Pourquoi ? Parce que le papilloma virus provoque dans un premier temps des modifications des cellules qu’il infecte. On les appelle des dysplasies. Ces modifications sont classées en 3 stades, avec des risques de cancer de plus en plus élevés entre le stade I et III. A ces stades on parle de précancérose. A ce moment-là,  le traitement est facile et la maladie est stoppée.
  
Qui est infecté par le papilloma virus ?
Environ 80% des personnes adultes sexuellement actives, font au moins une fois une infection au papilloma virus, tous type confondus. Cette infection se développe sur les et dans les organes génitaux ainsi que sur la marge de l’anus. La grande majorité guérit en 6 mois à 2 ans.
 
L’infection au niveau anal se retrouve chez environ 10% des hommes hétérosexuel. Chez les femmes l’infection au niveau anal est comparable à celle que l’on trouve au niveau du col de l’utérus, à savoir 15 à 30% environ. Chez les homosexuels HIV négatifs l’infection est de 50 à 60% et chez les homosexuels séropositifs elle est quasiment de 100%.
 
Les dysplasies en revanche ne sont présentes que chez le 20% des homosexuels séronégatifs alors qu’on les retrouve chez le 50% des homosexuels séropositifs.
  
Dépistage :
Le cancer du col utérin a été réduit de manière spectaculaire chez les femmes depuis la mise en place des contrôles gynécologiques systématiques (dépistage cancer de l'utérus). Chez les homosexuels de tels programmes n’existent pas pour l’instant. Cela n’empêche pas les personnes concernées de consulter préventivement.
  
Traitement :
Comme chez les femmes porteuses de dysplasies du col, l’attitude thérapeutique va de l’attente avec contrôles tous les 6 mois à des interventions plus ou moins invasives.
 
L’attentisme est acceptable lorsque les dysplasies sont de stade I. A des stades plus élevés on peut faire appel à des application de pommades contenant des produits abrasifs, à la cryothérapie (brûlure de la
zone atteinte par le froid) au laser et enfin à la chirurgie. Chaque méthode à ses avantages et ses inconvénients. Cela  doit être discuté de cas en cas avec le médecin traitant.
 
A noter qu'il existe actuellement un vaccin contre le papilloma virus. Pour l'instant il est recommandé chez les jeunes filles avant leurs premiers rapports sexuels. En effet, une fois infectées, le vaccin est inefficace.